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La figure mythologique est fameuse. Actéon, petit-fils d'Apollon par son père, fut élevé par le centaure Chiron qui lui apprit l'art de la chasse. Un jour, il s'égare dans les bois et aperçoit Diane qui se baigne nue dans une source. Furieuse d'avoir été surprise, la déesse le transforme en cerf et il se fait déchiqueter par sa meute. Les chiens cherchent ensuite leur maître en vain. Leur quête les conduit dans la caverne du centaure Chiron qui, pour les consoler, leur façonne une statue à l'image d'Actéon.

Ce sujet a été régulièrement illustré tout au long de l'histoire de l'art : Le Titien, Jan Wierix, Giuseppe Cesari, François Boucher, Louis-Robert Carrier-Belleuse, Camille Corot... Au XXe siècle, Actéon continue d'inspirer nombre d'artistes comme Jean Cocteau, André Arbus, Janine Janet, Paul Howard Manship, Pierre Klossowski.

Aujourd'hui, Simone Crestani donne une nouvelle illustration du mythe : cinq sculptures de verre aux impressionnants bois de cerf. Sur quatre d'entre elles, le visage d'Actéon est stylisé, figure abstraite en verre sablé. Sur la cinquième sculpture, le visage est réaliste, comme un autoportrait...

Le travail de Simone Crestani a tout de suite enthousiasmé Alexandre Biaggi. « J'aime son univers onirique qui me fait penser à Jean Cocteau, mais surtout ce que je trouve intéressant, c'est que d'ordinaire le verre est synonyme de fragilité et de transparence, or les sculptures de Simone Crestani ont un aspect puissant et mystérieux, fort et étrange. Cette combinaison me touche. »

Sans oublier la prouesse technique que de telles sculptures de verre demandent. Le savoir-faire de Simone Crestani est unique. Il travaille seul dans son atelier en Vénétie. Le verre est soufflé, puis façonné à la pince. Ses sculptures sont des pièces uniques, signées, et très appréciées des collectionneurs.

 

Né à Marostica (Vénétie) en 1984, Simone Crestani entre dans l’atelier de Massimo Lunardon en 2000. Il s'y forme durant dix ans avant de se lancer. Fasciné par le travail du verre, son potentiel, sa grâce, sa force et sa fragilité mêlées, il crée des verres et des vases qui ne ressemblent à aucun autre. Très vite, son inspiration s’exprime au-delà de l’aspect fonctionnel de l’objet et ses créations deviennent de véritables sculptures. En 2011, Alexandre Biaggi présente une première exposition avec une vingtaine d’arbres de verre. Des bonsaïs aux branches longues et sinueuses, très poétiques. Simone Crestani confesse que c’est aussi un hommage à son père, Roberto, ébéniste et grand collectionneur de bonsaïs. Une façon de poursuivre la tradition d’un geste séculaire. Un an plus tard, il revient chez Alexandre Biaggi avec Delicious Fish, des poissons aux arêtes apparentes qui flirtent avec le surréalisme. Aujourd'hui, ses pièces sont plus monumentales, moins anecdotiques. Simone Crestani présente cinq sculptures de verre qui revisitent le mythe d'Actéon. On retrouve un lien avec la nature, mais de façon symbolique. Stylisées et d'une grande force visuelle, ces créations ont la puissance d'oeuvres d'art contemporain.